Article paru dans « Kashkazi » et « L’Express Mu » — le 16 mars 2006
Conscientiser la jeunesse pour qu’elle dirige mieux le pays que ne le font aujourd’hui nos parents : tel est l’objectif de Ngo’shawo, le mouvement de la jeunesse consciente, qui vient d’être créé par des étudiants de l’université des Comores.
« Nous avons regroupé des étudiants comoriens de différentes universités, à Madagascar, en France, en Afrique. Nous avons lu les idées de certains mouvements africains et nous nous en sommes inspirés », expliquent Samir Mohamed Hassani et Aïcham Itibar, deux étudiants en droit qui font partie des fondateurs de ce mouvement qui « n’a rien à voir avec aucun parti politique », assurent-ils. Même si ce que nous voulons faire a un sens politique.
« Nous voulons réveiller le sens du patriotisme, avoir un impact sur la politique pour que l’Etat accepte nos idées, qu’il réalise que ce qui se passe n’est pas sérieux. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses qui ne concernent pas la politique. Nous voulons faire un magazine de la jeunesse, créer une émission de radio ».
Pour lancer leur mouvement, les jeunes de Ngo’shawo organisent une réunion samedi à 16h30 au foyer Awulad-El Komor. « Nous avons invité des autorités, et des représentants de la communauté internationale », précisent Samir et Aïcham. « Nous allons parler de la révolution des mentalités, des mauvais usages qu’il faut oublier. Il faut que les gens comprennent qu’on ne doit pas être fataliste. Ce sera la première fois que l’on pourra critiquer l?Etat, le système, révéler nos pensées. Dire officiellement ce qui se dit de bouche-à-oreille. »
Selon les deux jeunes gens, le mouvement rassemble une soixantaine de personnes à Moroni et travaille en partenariat avec le Club RFI Comores, et la formation Watwania du rappeur Cheikh MC.
Par Lisa Giaccino
