Impliqué très tôt dans les organisations de la société civile, mon engagement s’est traduit par des initiatives associatives, du plaidoyer pour la jeunesse et des actions concrètes dans ma communauté.

Les débuts : scouts, coopérative scolaire, AJC
À 8 ans, j’ai rejoint le Scout Binguni d’Ouzio Mitsamiouli. C’est là que j’ai appris ce que signifient le partage, la discipline, l’appartenance à quelque chose de plus grand que soi — et que j’ai commencé à m’imprégner de la culture comorienne, notamment à travers les danses traditionnelles.

Le souvenir le plus marquant : la fête de l’indépendance du 6 juillet 1995, où tous les scouts de l’archipel avaient installé leurs tentes sur l’ancienne piste de l’aéroport de Moroni pour une semaine entière. La veille, le Premier Ministre (M. Kaambi Elyachroutu) et le Coordinateur national des Scouts (feu Digeri) m’avaient appris que j’étais le plus jeune présent, et m’avaient remis un foulard vert et jaune des Louveteaux. Ce geste m’est resté.
À la même époque, je suis devenu président de la coopérative scolaire de l’École Primaire Publique de La Coulée. On a mené une campagne pour clôturer l’enceinte de l’école, et lancé « Un écolier, un arbre » — chaque élève plantait un arbre dans la cour. Petites choses, mais concrètes.
En 2001, au Collège Pilote de la Coulée, on a créé l’Association des Jeunes Collégiens (AJC) et monté un projet de centre informatique pour initier les jeunes au numérique, en partenariat avec Page Comores et le CNAC.
Au lycée ensuite, avec d’autres organisations comme l’UCEP (Union des Coopératives des Ecoles Privées), on s’est mobilisés contre les grèves à répétition dans les écoles publiques, on a sensibilisé aux années blanches. On a voulu lancer un journal jeunesse — « Komor Jeunes » — qui n’a jamais vu le papier faute de financement, mais qui est devenu une émission radio sur MultimediaKom, donnant la parole aux jeunes sur les sujets qui les concernaient.
Ce que j’ai appris de tout ça : qu’on peut faire beaucoup avec peu, quand on y croit vraiment.
NGO’SHAWO : Le Mouvement de la Jeunesse Consciente
En février 2006, étudiant à l’Université des Comores, j’ai co-fondé NGO’SHAWO avec des collègues. L’idée de départ était simple : offrir à la jeunesse comorienne un espace pour réfléchir, s’exprimer et agir. En quelques semaines, on avait des cellules dans les trois îles et quelques membres à Mayotte. Le journal Kashkazi nous a ouvert ses colonnes avec la chronique « Dzitso, regards de jeunes sur… », ce qui nous a donné une vraie visibilité.
Le mouvement s’est organisé autour de trois axes. D’abord, construire un vrai réseau : des cellules actives aux Comores et dans les pays de la Diaspora estudiantine (France, Sénégal, Maroc, Égypte, Turquie, Madagascar). Chaque cellule était autonome, mais toutes étaient encouragées à travailler ensemble, à dépasser les distances. Ensuite, apprendre en faisant : favoriser les échanges entre pairs à travers les projets menés localement, et l’acquisition de compétences concrètes (gestion de projet, prise de parole, travail en équipe). Enfin, porter une parole collective face aux décideurs. Notre message était simple : si vous prenez des décisions qui nous concernent sans nous associer, expliquez-nous au moins vos choix et vos raisons.



Deux phrases résumaient bien l’esprit du mouvement : « Montre-moi ta jeunesse, je te dirai l’avenir de ton pays » et « Entre l’impossible et le possible, le réalisable et l’irréalisable, il existe une petite marge qui ne tient qu’à un seul mot : Volonté ».
En 2013, NGO’SHAWO a été reconnu comme l’association de la décennie, pour sa capacité à rassembler au-delà des clivages.
À 30 ans, j’ai contribué à passer le relais à une nouvelle génération. Vingt ans après sa création, le mouvement est toujours actif. J’en reste fier, et je continue d’accompagner ses membres en tant que mentor.


Un pont entre la diaspora et le pays
Pendant mon séjour en France, j’ai poursuivi l’action au sein de la diaspora — rencontres avec des jeunes Comoriens au Maroc, au Sénégal, en Tunisie, à Madagascar, échanges, conférences, liens entre ceux de l’étranger et ceux du pays.
En mai 2015, alors que je réfléchissais à rentrer, j’ai co-organisé avec la cellule NGO’SHAWO France une Université d’été sur le retour au pays, avec des experts, des entrepreneurs, des intervenants du continent. Le message qu’on voulait faire passer : si les opportunités n’existent pas encore, à nous de les créer.
En juin 2016, je suis rentré. J’ai créé FALSAFA Consulting et TARTIB — deux structures qui emploient aujourd’hui une vingtaine de personnes.

Fondation ACT COMOROS : un nouvel élan

Je poursuis aujourd’hui une partie de cet engagement à travers ACT COMOROS Foundation, une ONG articulée autour de trois axes : l’éducation, la protection de l’environnement et les droits humains.
Panafricain et Afroptimiste
Je crois en l’unité africaine et en la coopération Sud-Sud comme leviers de transformation réelle, et c’est ce qui guide mes collaborations avec des organisations et des acteurs qui partagent cette vision d’une Afrique forte et souveraine. Je reste convaincu que chaque action compte, et que la jeunesse, bien accompagnée, peut changer les choses.